Facebook contre le reste du monde

Facebook et ses 250 millions d’utilisateurs dans le monde sont leaders dans le domaine des réseaux sociaux en ligne. Mais en France, comme en Allemagne, les produits locaux font de la résistance. De StudiVZ à Copains d’Avant, petit tour le long des fils de la Toile.

Avec les élections européennes et la super année électorale allemande, les liaisons entre politique et Internet sont revenues sur le devant de la scène. Nombre d’articles ont été consacrés aux nouvelles obligations des candidats de donner une bonne image sur le Web, cette tendance nous venant tout droit des Etats-Unis et du cyber-succès du nouveau Président américain Barack Obama. De manière générale, les réseaux sociaux connaissent des courbes exponentielles ces dernières années mais il subsiste encore des différences entre les différents pays.


StudiVZ, copie ou original ?


L’Allemagne, dans ce domaine, se différencie des autres par l’importance de sa plate-forme StudiVZ (abréviation de Studentenverzeichnis). Celle-ci a été créée dès 2005 par trois étudiants : Ehssan Dariani, Michael Brehm et Dennis Bemmann. Ce site qui propose aux étudiants de créer leur page personnelle va connaître un succès retentissant en l’espace de moins de deux ans. Des versions polonaise, italienne, espagnole et française (Studi QG) du site vont même voir le jour. Ce succès va retarder l’entrée sur le marché allemand du géant américain Facebook. Mais StudiVZ va se trouver affaibli par des doutes sur la sécurité des données et la plainte pour plagiat de Facebook. Finalement, même en déclinant son site avec une version professionnelle (MeinVZ) et une version pour les écoliers (SchülerVZ), le groupe « VZs » entre-temps passé sous l’égide des éditions Holtzbrinck, voit revenir sur lui Facebook. Ainsi, en juin dernier, Facebook aurait dépassé pour la première fois StudiVZ et le réseau wer-kennt-wen avec 6,9 millions de visiteurs pour le géant californien et 6,8 millions pour chacun des deux autres. Le site SchülerVZ conserve pour l’instant la première place avec 7,4 millions de visiteurs.


Copains d’avant et contacts d’aujourd’hui


En France, Facebook et son créateur Mark Zuckerberg font également face à la résistance du champion national, en l’occurrence Copains d’avant. Si le format de base des deux sites est foncièrement le même – une page par personne avec possibilité de communiquer entre les différentes pages de ses « amis »- la finalité diffère quelque peu. Facebook veut permettre la communication avec ses contacts dans le monde entier, Copains d’avant souhaite d’abord permettre à ses utilisateurs de retrouver des amis d’enfance, du collège ou du club de foot. Un sondage IFOP réalisé en août 2009 révèle ainsi que 26% des plus de 65 ans ont un compte Copains d’avant contre seulement 7% pour Facebook. Selon les dernières données disponibles, Facebook serait cependant en train de dépasser Copains d’avant sur le territoire français, malgré la gratuité de celui-ci depuis 2008 pour faire barrage au site de Palo Alto.



Twitter reste un poids plume


Point commun aux deux pays, le site de micro-blogging Twitter a fait beaucoup parler de lui ces derniers mois lors de grands évènements comme les émeutes en Iran ou la mort de Michael Jackson. Déjà annoncé comme le successeur de Facebook, Twitter reste néanmoins réservé à un petit groupe d’initiés puisque son nombre d’utilisateurs, certes exponentiel, semble ne pas dépasser les 30 000 en France. Facebook, qui vient également de récupérer FriendFeed, est déjà en train de contre-attaquer ce tout jeune Twitter en travaillant sur une version allégée et plus simple qui se rapprocherait plus de celle du site de micro-blogging. Décidément sur la Toile, on n’hésite pas à envoyer ses concurrents dans les cordes !



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