Qu’est-ce que la culture européenne ? L’exposition « Découvrir l’Europe ! » à Berlin se penche sur la question

Une exposition du Musée des Cultures Européennes (Museum Europäischer Kulturen)

Le Musée des Cultures Européennes a ouvert ses portes à Berlin, il y a huit ans seulement. Il est né de l’union du Musée pour le Folklore et de la collection européenne du Musée ethnologique. Ses 270 000 objets font de sa collection l’une des plus importantes au monde dans le domaine de l’ethnographie européenne. En 2005, il a déménagé pour rejoindre les Musées Ethnologique et de l’Art asiatique dans le « Quartier des Musées » (Museumsquartier) de Dahlem, sur le campus de l’Université Libre de Berlin. Ses expositions et événements sont consacrés à la culture du quotidien en Europe du XVIII siècle à nos jours.

En janvier 2009, le Musée fermera ses portes au public pour plus d’un an. A sa réouverture au plus tôt à l’été 2010, une toute nouvelle exposition permanente permettra aux visiteurs de partir à la découverte de la civilisation européenne, de sa spécificité et de sa diversité. L’exposition actuelle « Découvrir l’Europe ! » (Europa Entdecken!) se veut un avant-goût de ce grand projet.

 « Ils sont fous, ces européens ! »

Sept salles, sept notions ethnologiques importantes pour l’Europe : « Voyage », « Identité », « Mémoire collective », « Rencontre des Cultures », « Artisanat », « Coutume », « Religion ». Dans chaque salle, les traits de la culture européenne sont illustrés par des objets du quotidien provenant de pays différents. Lorsque le visiteur pénètre dans la partie de l’exposition intitulée « Mémoire collective », il se trouve soudain face à une assiette en porcelaine peinte à Rostock en 2000. Elle représente la Princesse britannique Diana, et porte l’inscription « 1961-1997 ». Dans une vitrine attenante, des cartes postales, des tasses, un puzzle, des livres de coloriage dédiés à la « princesse des cœurs » ont été disposés. Un catalogue montre des photos de collections privées de vaisselle à l’effigie de Diana. Appréhender l’étendue du culte, dont faisait l’objet « la femme la plus photographiée au monde », conduit le visiteur à réfléchir sur la tendance européenne à se trouver des icônes. Une habitude qui remonte à loin. La reine Louise ne fut-elle pas la « Lady Di » prusse du XIXème siècle ? Et même, sa légende, basée sur sa grande beauté, sa modernité et sa mort précoce, n’est-elle pas restée vivante en Allemagne jusqu’à la deuxième guerre mondiale ? A quelques pas des objets de la Dianamania, l’assiette en porcelaine à l’effigie de la reine Louise et les cartes postales la représentant donnent à réfléchir. Un dernier exemple de l’importance des idoles dans la mémoire collective européenne : le souvenir de Napoléon I partagé entre haine pour l’envahisseur, mépris pour le vaincu et admiration pour le génie militaire. Les caricatures anglaises antinapoléoniennes et un extrait audio du « Médecin de campagne » de Balzac, roman de 1833 nostalgique de l’époque napoléonienne, rendent notamment compte de l’empreinte ambivalente qu’a laissé l’Empereur français dans la mentalité européenne.

Un tambour shamanique, un guide touristique sur l’Italie édité en Allemagne en 1869, un voile turc, une grande croix en perle, ornement tombal breton de 1910, et d’autres objets du quotidien étonnants, exotiques ou interpellant font voyager le visiteur dans les us et coutumes européens.

L’occasion de partir à la découverte de ce continent inexploré : l’identité européenne.

Informations pratiques
L’exposition ouverte depuis le 17 avril 2008 est à voir jusqu’au 4 janvier 2009. Les commentaires sont en allemand et en anglais.




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