L’industrie du luxe en Allemagne : un marché qui s’impose

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Si certains pays font de suite penser à l’industrie du luxe, ce n’est pas forcément le cas de l’Allemagne. Ce pays frontalier à la France n’a pas, à l’instar de l’Hexagone, des géants du haut de gamme tels que le groupe LVMH. Pourtant, l’industrie du luxe continue de se développer sur le territoire allemand. Ses habitants, d’ailleurs, représentent une part importante du marché européen consommateur de luxe, notamment en horlogerie.

Une reconstruction de l’industrie du luxe en Allemagne

Le terme de luxe a longtemps été mal vu en Allemagne. Il s’associait mal à la religion protestante, longtemps au cœur du fonctionnement et des pensées de ces habitants. Pour autant, c’est un concept que les nouvelles générations cherchent à relativiser. Luxe est loin d’être synonyme de faste et d’extravagance. La reconstruction du haut de gamme allemand, alors, passe par l’amour du durable et du qualitatif. Des produits de qualité exceptionnelle, qui entretiennent l’art et la tradition des experts.

Cette reconsidération du luxe entraîne, dans les dernières années, une belle remontée de cette industrie dans les habitudes allemandes. Les rues berlinoises, par exemple, illustrent déjà cet essor du haut de gamme. Dans les dernières années, ce sont 30 % de boutiques de luxe en plus qui ont peuplé les centres-villes allemands. Les marques étrangères, telles que Dolce & Gabbana ou encore Cartier, s’installent tout autant. Un passage au sein du KaDeWe, centre de shopping à Berlin, suffit pour comprendre cet engouement.

Le marché du luxe allemand, des montres aux automobiles

La culture de l’excellence se développe donc de plus en plus en Allemagne, malgré les crises. Ces dernières n’empêchent pas le pays de chercher à renouveler ses propositions dans le haut de gamme. Avant tout autre secteur, c’est avant tout l’automobile qui s’implante efficacement. De nombreuses marques sautent à l’esprit. Porsche, Mercedes-Benz, Audi : ces voitures ont un taux de fiabilité qui conforte les amateurs.

Là où le marché allemand se place particulièrement, toutefois, c’est dans la montre de luxe. En tant que fabricant, certes, mais surtout comme consommateur. Cela, qu’il s’agisse de biens allemands ou non. Les amateurs s’orientent ainsi vers des experts du luxe pour une montre vintage ou non-portée et bénéficient, par exemple, d’offres sur le prix d’une Rolex Submariner ou Explorer. L’Allemagne constitue même, pour certains revendeurs de montres, près de deux tiers de leur marché européen. L’Autriche et le Royaume-Uni prennent la suite, grands avides d’horlogerie de luxe.

10 ans du Meisterkreis, cœur du haut de gamme allemand

Si l’Allemagne repense sa position vis-à-vis du secteur du luxe, qu’elle n’a longtemps pas apprécié, c’est aussi grâce au développement d’un centre de luxe. Ambassadeur de l’excellence germanique, le Meisterkreis fête en 2021 dix années d’existence. Réunissant des acteurs allemands à la tête du luxe moderne, mais aussi des entreprises étrangères telles que Chanel, source d’inspiration, cette organisation promeut la durabilité et la qualité du haut de gamme.

En combinant leurs efforts avec plus de 80 entreprises, le Meisterkreis souhaite mettre en avant les savoirs faires artisanaux et qualitatifs de ces métiers d’exception. De la joaillerie à l’automobile, les acteurs du luxe se réunissent pour penser l’avenir de ce secteur en Allemagne. Ce concept n’est pas unique au territoire germanique, il rejoint au contraire cinq autres associations européennes au sein de l’ECCIA. Parmi elles, le Comité Colbert en France avec qui le Meisterkreis souhaite tout particulièrement développer des liens intéressants.

Cela, par exemple, pourrait se traduire par l’ouverture de formations à ces métiers du luxe entre les deux pays. Le tout, dans l’espoir encore de dynamiser la popularité du haut de gamme et les métiers liés. En développant une unité européenne, le secteur du luxe cherche ainsi à améliorer la fluidité des réglementations entre territoires, notamment pour faciliter le commerce transfrontalier et virtuel. Les achats en ligne, après tout, n’ont jamais été aussi populaires.

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