


MICMACS À LA JEUNET
MICMACS À LA JEUNET
Jean-Pierre Jeunet, der Regisseur von „Amélie“ und „Delicatessen“, erklärt uns in seinem neuen Film, wie eine burleske Truppe zwei mächtige und skrupulöse Waffenhersteller durch Zirkusnummern und einen gut durchdachten Plan besiegen kann.
Jean-Pierre Jeunet, le réalisateur du « Fabuleux destin d´Amélie Poulain » et de « Delicatessen », nous raconte dans son nouveau film comment une troupe burlesque vient à bout de deux puissants et scrupuleux marchands d´armes grâce à des numéros de cirque et un plan bien ficelé.

„Hat jemand eine Münze?“, fragt der Chirurg. Die Krankenschwester wirft eine Münze: „Kopf!“. „Ok! Dann bleibt sie drin!“, entscheidet der Arzt. Es ist das Schicksal des Pechvogels Bazil (Dany Boon). Eine unglücklich geschossene Pistolenkugel hätte ihn beinahe das Leben gekostet. Nun ist er gezwungen, mit diesem fremden Gegenstand im Schädel zu leben. Nach seinem Krankenhausbesuch wird der Videothek-Mitarbeiter von seinem Chef gefeuert und von seinem Vermieter aus der Wohnung geschmissen. So landet er auf der Straße und versucht ziemlich erfolglos, seine Brötchen durch Straßenzirkusnummern zu verdienen. Nach einer zufälligen Begegnung mit dem ehemals zum Tode verurteilten Placard (Jean-Pierre Marielle), wird er von einer einzigartigen Familie adoptiert: Tambouille (Yolande Moreau), die Mutter der Bande; Caoutchouc (Julie Ferrier), die Schlangenfrau; Remington (Omar Sy), der kongolesische Ethnograph; Fracasse (Dominique Pion), die menschliche Kanonenkugel; Petit-Pierre (Michel Cremades), der Bastelkönig und Calculette (Marie-Julie Baup), die mit bloßem Auge alles misst und einschätzt. Diese Superhelden des Alltags, die in einer Ali Baba Höhle unter einem Schrottplatz leben, schließen sich Bazils Rachefeldzug an. Ihr Ziel: zwei Waffenproduzenten vernichten. Der eine hat die Tretmine produziert, die seinen Vater umbrachte, der andere die beinahe tödliche Patrone, die in seinem Kopf steckt.
Die Welt Jeunets
Darf man in dieser Rache eine Gesellschaftskritik des französischen Filmemachers sehen? Mehr oder weniger. Die Idee kam ihm, als er Die Stadt der verlorenen Kinder (1995) in der Nähe der Fabrik Dassault drehte. Dassault ist ein französischer Hersteller u.a. von Militärflugzeugen. Während der Mittagspause im Restaurant konnte Jeunet feststellen, dass „die Ingenieure von Dassault normale Menschen waren, die nett aussahen“, erklärt er in einem Interview für die Sprachzeitschrift Écoute. Dabei konnte er natürlich nicht „vergessen, dass sie ihren Tag damit verbringen, Raketen, Bomben und andere schreckliche Dinge zu erfinden.“ An dieser „Diskrepanz“ war er interessiert. Wenn der Regisseur irgendetwas kritisieren will, dann auf jeden Fall auf seine Art. Wie die Clique ihren Plan entwickelt, um die beiden schwerreichen und skrupulösen Industriellen gegeneinander auszuspielen, bis sie sich selbst vernichten, ist sehr klug. Wir haben es aber hier nicht mit den Gentlemen von Ocean´s Eleven zu tun. Es ist eine burleske Truppe, die die Commedia dell´arte vertreten könnte. Der Film ist außerdem ein Teil des Werkes Jeunets. Die ersten sehr detaillierten und blutigen Szenen erinnern an den skurrilen und gleichzeitig genialen Film Delicatessen (1991) und die Art der ausführlichen Präsentation der Superhelden ist uns seit dem Riesenerfolg Die fabelhafte Welt der Amélie (2001) bekannt, um nur zwei Beispiele zu erwähnen. Er hat seine Bilder erneut in safranfarbenes Sepia-Braun getaucht und die Aufnahmen des Kameramanns Tetsuo Nagata sind äußerst sehenswert.
Eine riskante Wette
Die große Neuigkeit in diesem Film ist Dany Boon. Der geborene Clown mit sympathischem Hundeblick ist zur Zeit, so Daniel Sander von Spiegel Online, „in Sachen Humor für die Franzosen das Maß aller Dinge.“ Dany Boon? Der Filmemacher und Hauptdarsteller des Riesenerfolgs Willkommen bei den Sch'tis (2008). In Micmacs hat er für jede Situation die passende Grimasse parat und wirkt trotzdem bescheiden. Laut dem Spiegel-Journalisten liegt das Problem darin, dass es in dem Film „zwei Wege gibt - den von Jeunet und den von Boon. Jeder führt zu einem anderen Ziel.“ In dem Fazit seiner Kritik sagt er sogar, dass der Film unterhaltsam sei, aber erschreckend wenig Qualität für so viel versammeltes Talent biete. Wäre der Film mit Jamel Debbouze anders gelaufen? Jeunet schrieb sein Drehbuch ursprünglich für den kleinen Krämer aus Amélie, der einer der erfolgreichsten heutigen Komiker Frankreichs ist. Jedoch sagte Jamel zwei Monate vor den Dreharbeiten aus persönlichen Gründen ab.
Wesen aus Blech und Sprichwörter
Kleiner Bonus: Jeunet, der die Maschinen des Künstlers Gilbert Peyre liebt, hat ihn und seine gleichzeitig magische und unheimliche Wesen aus wiederverwerten Materialien auf den Drehplatz Micmacs eingeladen. Er hat extra für die Einsetzung der Maschinen die Figur Petit-Pierre erfunden, die dem Künstler erstaunlicherweise sehr ähnelt. Wenn ihr von Monsieur Remington, der sich hauptsächlich auf diese Weise ausdrückt, pikante französische Sprichwörter lernen wollt, solltet ihr den Film im Original anschauen. Für die anderen läuft die deutsche Version immer noch in einigen Kinos der Bundesrepublik und die DVD wurde schon veröffentlicht. Gute Reise in die poetische Welt des Monsieur Jeunet!
« Personne n´a une pièce de monnaie ? », demande le chirurgien. L´infirmière lance une pièce de monnaie en l´air : « Face ! ». « Ok ! Je ne touche à rien ! », décide le médecin. C´est le destin du malchanceux Bazil (Danny Boon). Une malencontreuse balle de pistolet aurait pu lui coûter la vie. À présent, il est condamné à vivre avec ce corps étranger dans la caboche. Après sa visite à l´hôpital, le voilà viré de la vidéothèque où il travaillait et de son appartement. Ainsi atterrit-il dans la rue et tente tant bien que mal de gagner sa croûte grâce à des numéros de cirque de rue. Le hasard lui fait rencontrer l´ancien condamné à mort Placard (Jean-Pierre Marielle). Celui-ci le présente à sa famille qui l´adopte en un rien de temps : Tambouille (Yolande Moreau), la mère de la bande; Caoutchouc (Julie Ferrier), la contorsionniste; Remington (Omar Sy), l´ethnographe congolais; Fracasse (Dominique Pion), l´homme-canon; Petit-Pierre (Michel Cremades), le roi de la bricole et Calculette (Marie-Julie Baup) qui a le compas dans l´oeil. Ces super-héros du quotidien vivant dans une caverne d´Ali-Baba se joignent à la croisade vengeresse de Bazil : éliminer les deux marchands d´armes. L´un a produit la mine antipersonnel ayant tué son père et l´autre la balle presque mortelle logée dans son crâne.
Le monde de Jeunet
Peut-on entrevoir une critique politico-sociale du réalisateur français à travers cette vengeance ? Plus ou moins. L´idée lui est venue lorsqu´il tournait La cité des enfants perdus (1995) tout près de l´usine Dassault. Dassault fabrique entre autres des avions militaires. Pendant la pause du midi au restaurant, Jeunet pouvait observer les ingénieurs de Dassault qui « étaient des gens normaux, avec de bonnes têtes », explique-t-il dans une interview accordée au magazine Écoute. Cependant, il ne pouvait oublier en les observant qu´ils passaient leur journées à « inventer des missiles, des bombes, des trucs horribles. » Il était très intéressé par ce « décalage ». Si le metteur en scène souhaite critiquer quoique ce soit, c´est en tout cas à sa manière. La bande met en place un plan très intelligent pour amener les deux richissimes et scrupuleux marchands d´armes à s´anéantir. Mais ici, nous n´avons pas à faire aux gentlemen d´Ocean´s Eleven. C´est une troupe burlesque qui pourrait représenter la Commedia dell´arte. En outre, le film est une partie intégrante de l´œuvre de Jeunet. Les premières scènes très détaillées et sanglantes nous rappellent le grotesque et à la fois génial Delicatessen (1991) et la manière de présenter en détail les super-héros ne nous est pas inconnue depuis le succès énorme du fabuleux destin d´Amélie Poulain (2001), pour ne citer que deux exemples. Il a, à nouveau, tremper ses images dans une teinture sépia et les prises de vue du cameraman Tetsuo Nagata sont d´une extrême qualité.
Un pari risqué
La grande nouveauté de ce film est Dany Boon. Le clown-né avec son regard de chien battu sympathique est en ce moment, d´après le journaliste Daniel Sander de Spiegel Online, « pour les Français ce qui se fait le mieux en matière d´humour ». Dany Boon ? Le réalisateur et acteur principal de l´énorme succès de Bienvenue chez les Ch´tis (2008). Dans Micmacs, il est toujours prêt à faire la grimace adéquate sans jamais en faire trop. D´après le journaliste de Spiegel, les deux stars présentes dans ce film posent cependant un problème : « il y a deux chemins - celui de Jeunet et de Boon qui mènent à des objectifs différents sans jamais se rencontrer ». Il conclut sa critique en affirmant que Micmacs est certes divertissant mais présente finalement peu de qualité compte tenu des nombreux talents rassemblés. Est-ce que ce long-métrage aurait ressemblé à autre chose avec Jamel Debbouze ? Jeunet a écrit à l´origine son scénario pour le petit épicier d´Amélie et un des plus grands comiques français actuels. Mais Jamel a dû annuler deux mois avant le début du tournage pour des raisons personnelles.
Êtres d´acier et proverbes
Petit Bonus : Jeunet, aimant les machines de l´artiste Gilbert Peyre, a invité ce dernier, lui et ses êtres à la fois magiques et inquiétants faits de matériaux récupérés, sur les plateaux du tournage. Il a même créé spécialement le rôle de Petit-Pierre pour mettre en scène les machines vivantes. D´ailleurs, le personnage ressemble étrangement à l´artiste. Si vous voulez apprendre des proverbes français croustillants auprès de Monsieur Remington qui s´exprime essentiellement de cette façon, je vous recommande fortement de voir le film en version originale. Pour les autres, la version allemande est toujours présente sur certains écrans de la Bundesrepublik et le DVD est déjà en vente depuis mars 2010. Bon voyage dans le monde poétique de Monsieur Jeunet !

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