


SHAHADA, EIN FILM ÜBER DEN ISLAM. WIRKLICH?
SHAHADA, UN FILM QUI NOUS PARLE DE L'ISLAM. VRAIMENT?
Shahada ist der erste Spielfilm des deutschen Regisseurs Burhan Qurbani und zugleich die Abschlussarbeit seiner Studien an der Filmakademie von Baden-Württemberg. Ein Film, auf den das Team stolz sein kann, denn er wurde für die Berlinale 2010 ausgewählt und erhielt im selben Jahr in Frankreich den Publikumspreis beim Festival Cinessonne.
Shahada est le premier long métrage du réalisateur allemand Burhan Qurbani, réalisé pour son projet de fin d'études de cinéaste à l'Académie du Cinéma du Bade-Wurtemberg. Un film dont l'équipe peut être fière car il a fait partie de la sélection de la Berlinale en 2010 et a été couronné du Prix du Public au Festival Cinessonne en France, toujours en 2010.
FplusD widmete dem Berliner Regisseur, Sohn afghanischer Einwanderer, bereits im letzten Januar ein Interview. Einige Monate später wird Shahada in Blois, Loir-et-Cher, gezeigt. Die Filmvorführung wurde in dieser Stadt durch den Verein Ciné’fil ermöglicht, der sich für das Autorenkino einsetzt. Im Anschluss an eine der Vorführungen nahm Pascal Buresi, Forscher am CNRS und Mitglied des Fachbereichs Arabische und Hebräische Studien der Universität Paris IV Sorbonne, zu dem Film Stellung und stand dem Publikum Rede und Antwort.
Zunächst die kurze Filmpräsentation des Vereins Ciné’fil, der jeden Monat einen seiner Favoriten besonders hervorhebt: „Im multikulturellen Berlin von heute kreuzen sich die Wege dreier junger deutscher Muslime, die den Schicksalsschlägen des Lebens ausgesetzt sind: Maryam, Tochter eines Imams, die heimlich abgetrieben hat, Samir, aus dem Niger, der durch seinen nicht-muslimischen Freund in eine Glaubenskrise gerät,und Ismaïl, der mit einer Deutschen verheiratet ist und einer sich in Deutschland illegal aufhaltenden Bosnierin wieder begegnet, an deren Unglück er schuld ist… Wie Kieslowski (ein Filmemacher, den er bewundert) im Dekalog, stellt uns Burhan Qurbani mit seinem ersten Film ins Zentrum ihrer Fragen, Irrwege und Dramen mit einer energischen, nervösen, ja atemlosen Aufrichtigkeit.“
Atemlos, unbedingt. Spannung, intensive Blicke, eindringliche Dialoge, Musik, die die Dramaturgie wirkungsvoll unterstützt. Shahada lässt uns angespannt die schweren Bürden seiner Protagonisten verspüren. Und stellt auch die Möglichkeit des Atemholens in Aussicht. Der Ausgang bleibt offen. Es gilt, die Hoffnung fest im Auge zu behalten.
Shahada bedeutet „Glaubensbekenntnis“ auf Arabisch. Ein Bekenntnis, das nicht zwingend auf den Zuschauer einwirkt, denn letztlich ist die Handlung weniger Bekenntnis, als Angebot zu glauben. Burhan Qurbani bietet uns nämlich eine vielfältige und differenzierte Lesart des Korans und des Islam. Dies unterstreicht der Historiker Pascal Buresi in seinem Gespräch mit dem Publikum im Kino Les Lobis in Blois. „Der Islam ist normalerweise die Religion des rechten Weges. Und der Regisseur zeigt uns diesen Weg auf. Doch dann spielt er mit uns, denn er verunsichert uns. Der Film besteht aus fünf Teilen, wie die fünf Säulen des Islam. Sieht man jedoch genau hin, sind die Säulen im Film in falscher Reihenfolge aufgestellt. Ein erster Hinweis auf die Umwälzungen der vorgefassten, ringsum herrschenden Meinungen, die der Regisseur in Frage stellt.“
Ein weiteres Beispiel, das für den Historiker als bedeutendes Argument auf die Komplexität des Films hinweist, die größer ist als es scheint: der Name der Protagonisten. Ismaïl bedeutet „Architekt“ in der muslimischen Religion. Doch was Ismaïl im Film zu erbauen versucht, bleibt eine sehr gefährdete Konstruktion. Seine „Baustelle“, das ist seine Familie, die er auf ein solides Fundament stellen möchte. Diesesist jedoch alles andere als stabil: von Beruf Polizist hat er auf eine Frau geschossen und ihr ungeborenes Kind getötet. Seither versucht er, das wiedergutzumachen und aufzurichten, was er zerstört hat. Symbolisch lässt er die Frau bei einer Personenkontrolle passieren, obwohl sie keine Papiere hat und sich illegal in Deutschland aufhält. Ohne es ihr zu sagen, dringt er bei ihr ein, klebt einen zerbrochenen Teller zusammen, putzt ihre Wohnung. Kurz, der Architekt versucht, nach einem Drama sein Leben neu aufzubauen. Wird ihm dies gelingen?
Shahada erstaunt in einem weiteren Punkt: die Stellung der Frau. Nach vorherrschender Meinung schmiedet der Islam eine patriarchalische Gesellschaft. Maryam, Tochter eines Imam, ist hingegen alles andere als untergeben. Rebellisch setzt sie sich über Grenzen hinweg, widersetzt sich den Weisungen ihres Vaters und bricht durch die illegale Abtreibung ihres Kindes mit ihrer Religion Vermittelt sie zu Beginn des Filmes noch das Bild einer „freien“ westlichen Frau, die ausgelassen mit Freundinnen in Clubs feiert, ändert sich ihre Einstellung im weiteren Verlauf jedoch grundlegend, indem sie sich aus scheinbar freien Stücken einem radikalen Islam zuwendet. In beiden Fällen erweist sie sich stets als Frau, die in der Lage ist eigenständig zu denken und deren Stimme es wert ist, gehört zu werden.
Man könnte noch viel über diesen Film sagen, dessen zentrales Thema der Islam ist, von dem er ein kosmopolitisches Bild zeichnet. Freundschaft, Familie, Religion, Sexualität, Beziehung, Arbeit… Alle Komponenten der Gesellschaft werden dargestellt und angesprochen. Und wenn Shahada schließlich noch mehr als eine moderne Form der muslimischen Religion ein Film über persönliche Entwicklungen ist? So jedenfalls fasst es Pascal Buresi zusammen: „Viel mehr als eine Analyse des Islam bietet uns Burhan Qurbani einen zeitgenössischen Film, über Menschen von heute, bei denen die Religion hinter dem individuellen Charakter verschwindet.“ Wie dem auch sei, es ist ein Film, den man sehen muss.
FplusD consacrait déjà, en janvier dernier, une interview au réalisateur berlinois, fils d'immigrés afghan. Quelques mois plus tard Shahada est projeté sur les écrans de Blois, dans le Loir-et-Cher. Une sortie rendue possible dans cette ville grâce à l'association Ciné'fil, qui défend le cinéma d'auteur. A l'issue de l'une des projections, Pascal Buresi, chargé de recherches au CNRS, membre du département des études arabes et hébraïques de Paris IV Sorbonne, a donné son sentiment sur le film et a répondu aux questions et interrogations de l'assemblée.
D'abord, une rapide présentation du film par l'association Ciné'fil, qui chaque mois met en valeur l'un de ses coups de cœur. En mai 2011 ce fut Shahada : « dans le Berlin multiculturel d'aujourd'hui, nous suivons les destins croisés de trois jeunes Allemands de confession musulmane, confrontés aux aléas de la vie : Maryam, la fille d'un imam, qui a accepté d'avorter clandestinement, Samir, d'origine nigérienne, troublé par son copain Daniel, non musulman et Ismaïl, marié à une Allemande, qui retrouve une clandestine bosniaque dont il a causé le malheur... A la manière de Kieslowski (un cinéaste qu'il admire) dans le Décalogue, Burhan Qurbani, dont c'est le premier film, nous place au cœur de leurs questionnements, de leurs errances, de leurs drames, avec une sincérité portée par un style énergique, nerveux, voire haletant. »
Haletant, c'est certain. Tension, regards forts, dialogues perçants, musique appuyant parfaitement la dramaturgie, Shahada nous crispe et nous plonge dans les lourds fardeaux de ses personnages. Avec à la clé la possibilité de reprendre son souffle, l'issue restant ouverte, et proposant un espoir auquel s'accrocher. Shahada signifie « profession de foi » en arabe. Une profession qui n'agit pas forcément sur le spectateur, car le scénario est au final une proposition de foi, plus qu'une profession. En effet, Burhan Qurbani propose une lecture multiple et diversifiée du Coran et de l'Islam, ce que n'a pas manqué de souligner l'historien Pascal Buresi, une fois le dialogue engagé avec le public présent au cinéma Les Lobis de Blois. « L'islam est, normalement, la religion de la voie droite. Et le réalisateur nous montre cette voie. Mais il se joue de nous car il nous déroute. En effet, le film est découpé en cinq parties, comme les cinq piliers de l'Islam. Mais, à bien y regarder, ces cinq piliers sont montés dans le désordre dans le film. C'est un premier indice sur la voie d'un chamboulement des idées reçues qui courent ça et là, et que le réalisateur met en branle. »
Autre exemple, à valeur d'argument d'après l'historien, qui va dans le sens d'un film bien plus complexe qu'il n'y paraît : le nom des personnages. Ismaïl signifie « l'architecte » dans la religion musulmane. Or, ce qu'Ismaïl tente de construire dans le film est sinon en chantier, du moins très compromis. Son chantier, c'est sa famille, à qui il tente de donner des fondations stables. Père de famille, marié avec une Allemande de souche, Ismaïl est pourtant un ange noir : policier de profession, il a tiré sur une femme et tué l'enfant qu'elle portait. Depuis, il tente de se racheter et de rebâtir ce qu'il a détruit. Symboliquement, il laisse la femme partir lors d'un contrôle d'identité, alors qu'elle est sans-papiers et donc illégale sur le territoire allemand, recolle – ayant pénétré chez elle sans le lui dire – une assiette brisée, nettoie son appartement. Bref, l'architecte essaye de reconstruire sa vie après un drame. Va-t-il y parvenir ?
Ce qui frappe aussi à la vue de Shahada, c'est la place des femmes. L'idée prévaut que l'Islam forge des sociétés patriarcales. Or, Maryam, fille d'imam, est tout sauf une personnalité soumise. Rebelle, elle brise les questions de transmission. N'oublions pas qu'elle a avorté illégalement et qu'elle rompt ainsi la tradition de la religion en « tuant son enfant » et en s'opposant, tout au long du film, aux enseignements de son père. Que ce soit en faisant la fête et en menant une vie de jeune femme « occidentale » au début du scénario, ou en se tournant vers un Islam radical, elle s'affirme, en tant que femme digne de penser et d'être entendue.
Il y aurait encore beaucoup à dire sur ce film, dont l'Islam est le thème central, et qui en propose une vision cosmopolite. L'amitié, la famille, la religion, la sexualité, le couple, le travail... Tous les éléments de la société sont représentés et évoqués. Et si, finalement, Shahada était, plus qu'une version moderne de la religion musulmane, un film sur les cheminements personnels? C'est ainsi, en tout cas, que Pascal Buresi le résume : « Bien plus qu'une analyse de L'islam, Burhan Qurbani nous propose un film contemporain, sur des gens d'aujourd'hui, chez qui la religion disparaît sous les destinées individuelles ». Un film à voir, quoi qu'il en soit.
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