


GENEALOGIE EINER OSTDEUTSCHEN FAMILIE
GÉNÉALOGIE D'UNE FAMILLE EST-ALLEMANDE
Wie kann man über Ostdeutschland berichten, ohne Floskeln oder bereits Gehörtes und Geschriebenes zu wiederholen?
Comment parler de l'Allemagne de l'Est sans répéter ce qui a déjà été dit, raconté, écrit ?

Der Berliner Journalist Maxim Leo hat diese Frage beantwortet: Indem er den Roman Haltet euer Herz bereit verfasst hat, ist es ihm gelungen, die Geschichte der DDR aus der Sichtweise seiner eigenen Familie zu schildern, statt die traditionelle, geopolitische Analyse des Kalten Krieges zu wählen.
Dieser neue Modus hätte einfach genealogisch sein können und für den Schriftsteller, der mit einer Französin verheiratet ist, die Wiedererfindung seiner Identität zu symbolisieren vermocht. Eine Art Therapie durch das Schreiben sozusagen, denn dieser Mann ist in einem nicht mehr existierenden Deutschland geboren und konnte lange Zeit das Wort « Deutschland » nicht aussprechen: « Ich fühlte mich von dem neuen Deutschland ziemlich angewidert. Ich habe Zeit gebraucht, um Deutschland auszusprechen, dieses Wort empfand ich als fast reaktionär. Ich bevorzugte den Ausdruck Bundesrepublik. » Wenn Maxim Leo heute eine wesentlich lockerere Verbindung zu diesem Land pflegt, ist sein Buch wahrscheinlich nur ein Grund dafür. Hinzu kommt eine äußerst fiktionale Deutung, die den Leser in jedem Fall erschüttert.
Sein Roman ist wie eine Tiefenanalyse seiner Familie, wie eine Rückkehr zu deren Wurzeln aufgebaut. Indem er die Mitglieder seiner Familie im Alltag des Kalten Krieges darstellt, ermöglicht uns Maxim Leo, zu verstehen, wie die DDR existieren konnte und wie ihre Bürger zwischen Pflichtgefühl, Patriotismus und einem widersprüchlichem Verlangen nach Flucht schwankten. Die zwei Großväter Maxims sind symbolische Beispiele dieser Zwiespältigkeit: Gerhard Leo (Großvater mütterlicherseits), ein Exiljude in Frankreich, entschied sich für die DDR , denn seiner Meinung nach stand nur der Kommunismus als natürlicher Gegensatz zum Faschismus, sprich zu Nazideutschland. Werner, der Großvater väterlicherseits, sah in Adolf Hitler eine Hoffnung nach der als Demütigung empfundenen Niederlage von 1918. Er war Soldat in der Wehrmacht und wurde in Frankreich gefangen genommen. 1957 kehrte er nach Deutschland zurück, stimmte in kürzester Zeit dem sozialistischen Deutschland zu und glaubte darin eine bessere Zukunft zu finden, als diejenige der verdorbenen Jahren nach 1933. Beide Figuren haben auf unterschiedliche Weise ihren eigenen Weg in den Kommunismus gefunden und somit dazu beigetragen, eine Verwirrung in Maxims patriotischen Gefühlen zu stiften.
Der Schriftsteller schildert ebenso die Einstellungen seines Vaters und seiner Mutter gegenüber der DDR: der eine lehnte sie ab, die andere wollte daran festhalten. Die anfängliche Naivität der Mutter wich jedoch einer ausgeprägten Skepsis/ einem starken Gefühl von Skepsis . Wie kann das Kind Maxim mit solch gemischten Gefühlen groß werden? Was Maxim Leo uns zeigt, ist keine psychoanalytische Antwort auf diese Frage. Ganz im Gegenteil versucht er uns den Alltag eines besonderen Staates näher zu bringen, der für ihn zwangsläufig von Bedeutung war, im guten oder im schlechten Sinne. Maxim Leo beschreibt jedes Mitglied seiner Familie in seinem Alltag, mit seiner eigenen Vergangenheit und bemüht sich, zu zeigen, wie das System jeden einzelnen beeinflusste, ohne es unbedingt im Detail zu erklären. Ohne die Rolle des allwissenden Erzählers zu übernehmen, kreiert Maxim Leo eine Verbindung zwischen dem Leser und seiner Familie. Dadurch erlaubt er uns, alle Szenen zu erleben, als ob wir dabei gewesen wären.
So stützt sich die Kraft dieses Buches vor allem auf seinen letzten Teil: den Mauerfall. Der Leser befindet sich in einer Erwartungshaltung der Beschreibung dieses historischen Ereignisses, dessen Bilder in der ganzen Welt bekannt sind und dessen Auswirkungen damals weitreichend waren. Aber da Maxim Leo so durch das System beeinflusst war, verstand er anfangs nicht, dass ihn niemand nach seinem Ausweis fragte, als er sich endlich frei bewegen und die Grenze überqueren durfte. Er ließ sich unmittelbar in den darauffolgenden Tagen einen westdeutschen Ausweis ausstellen. « Ich dachte, dass ich mit diesen Papieren auf der richtigen Seite der Mauer stehen würde, falls sie wieder geschlossen werden sollte. » Er blieb sehr skeptisch in der unmittelbaren Zeit nach der Maueröffnung und glaubte nicht an das neue Deutschland. « Ich hatte an den Demonstrationen vor dem Mauerfall teilgenommen. Der Westen interessierte mich damals nicht besonders. Ich fand die Lösung eines dritten Weges zwischen Kommunismus und Kapitalismus spannender. » Die Überraschung des Buches besteht also aus dem Bekenntnis dieser Unfähigkeit, an die Zukunft zu glauben, auch wenn der Tag noch so erschütternd war.
Le journaliste berlinois, Maxim Leo, a répondu à cette question : en écrivant Histoire d'un Allemand de l'Est, il a su raconter l'histoire de la RDA non à travers l'analyse géopolitique de la guerre froide, mais du point de vue de son histoire familiale.
Ce nouveau spectre aurait pu être simplement généalogique et permettre à l'écrivain, journaliste berlinois marié à une Française, de trouver sa véritable identité. Une sorte de thérapie par l'écriture. Car cet homme est né dans une Allemagne qui n'existe plus et a toujours quelques difficultés à prononcer ce mot : « J'étais assez dégoûté par cette nouvelle Allemagne. J'ai mis du temps à dire Allemagne, ça me paraissait quasiment réactionnaire. Je préférais parler de la République fédérale. » Même si aujourd'hui Maxim Leo a un lien bien plus serein avec ce pays, son livre lui a certainement permis de retourner aux sources de son identité, mais avec en prime une réelle portée fictionnelle qui en rend la lecture bouleversante.
En effet, ce roman se présente comme une véritable enquête familiale, comme un retour aux sources. En faisant revivre aux membres de sa famille le quotidien de la guerre froide, Maxim Leo nous permet de comprendre comment la RDA a pu exister et comment ses citoyens oscillaient entre devoir, sentiment patriotique et envie contradictoire de fuir. Les deux grand-pères de Maxim sont les exemples les plus parlants de cette ambivalence. Gerhard Leo (grand-père maternel), juif exilé en France choisit la RDA car selon lui, seul le communisme s'avère être le juste opposé du fascisme et donc de l'Allemagne nazie. Werner, qui est lui le grand-père paternel, est de ceux qui voient en Adolf Hitler la solution à l'après 1918 et à ce qui a été ressenti comme une humiliation. Soldat de la Wehrmacht, il est fait prisonnier en France et retourne à Berlin-Est en 1957. Il lui faut peu de temps avant d’adhérer au système socialiste de la RDA, croyant y voir les prémices d'un avenir meilleur. Deux personnes qui ont trouvé leur voie dans le communisme d'une manière très différente et qui ont contribué à semer le trouble dans le propre sentiment patriotique du jeune Maxim Leo.
L'écrivain dépeint également le rapport de son père, Wolf, et de sa mère, Anne, à la RDA que l'un rejette et en laquelle l'autre veut croire. Cependant la naïveté des débuts laisse place au scepticisme. Comment grandir sereinement avec autant de sentiments mêlés ? Ce que Maxim Leo nous propose, ce n'est pas la réponse psychanalytique à cette question. Il tente bien au contraire de nous faire saisir le quotidien d'un état à part, et qui a fatalement compté pour lui, pour le meilleur comme pour le pire. Il dresse le portrait de chaque membre de sa famille dans son quotidien, avec son propre passé, et tente de montrer, sans forcément expliquer, comment ils se sont laissés influencer par le système. Sans prendre la place d'un narrateur omniscient et omnipotent, Maxim Leo construit une passerelle entre le lecteur et sa famille, nous permettant ainsi de vivre et de ressentir chaque scène comme si nous y étions.
La grande force de ce livre réside aussi dans son dernier chapitre, consacré à la chute du mur. En effet, le lecteur attend la description de cet événement historique, dont les images ont fait le tour du monde et dont la portée est majeure. Mais, tellement oppressé par le système, Maxim Leo ne comprend pas qu'on ne lui demande pas son passeport lorsqu'il peut enfin librement passer à l'Ouest. Il se fait établir un passeport ouest-allemand dans les jours qui suivent. « Je me suis dit qu'avec ces papiers, je serais du bon côté du Mur quoi qu'il arrive s'il devait se refermer. » Il reste sceptique les jours qui suivent l'ouverture de la frontière et ne croit pas en la nouvelle Allemagne. « Je participais aux manifestations qui précédèrent la chute du Mur. L'Ouest à cette époque ne m'intéressait pas particulièrement. Je trouvais la perspective d'une troisième voie entre capitalisme et communisme plus passionnante. » La surprise de cette fin d'ouvrage consiste donc en l'aveu d'impuissance à croire en l'avenir, même en un jour aussi bouleversant.



