Jeder kennt Sherlock Holmes, Miss Marple und Pater Brown. Ein Krimi oder ein Gangsterepos, der in London, Chicago oder New York spielt, fällt wohl jedem spontan ein. Aber wer kennt Hubertus Hummel, Ann Kathrin Klaasen oder Siggi Baumeister?

Tout le monde connait Sherlock Holmes, Miss Marple ou encore Pater Brown. Un roman policier ou une épopée de gangsters à Londres, Chicago ou New York viennent spontanément à l'esprit de chacun. Mais qui connait Hubertus Hummel, Ann Kathrin Klaasen ou Siggi Baumeister?

Und wer hat lesend schon mal einen Mörder durch Ostfriesland, den Schwarzwald oder die Eifel verfolgt? In Deutschland haben dies wohl schon ziemlich viele gemacht. Nach den klassischen belletristischen Romanen ist der Krimi das beliebteste literarische Genre der Deutschen, wobei der sogenannte Regionalkrimi eine dominierende Stellung einnimmt.

 

Aber was ist das, ein Regionalkrimi? Ein Beispiel: Siggi Baumeister ist Reporter und Held der Eifelkrimis von Jacques Berndorf. Siggi deckt Verbrechen in der Eifel auf und jeder Krimi der Reihe beinhaltet im Titel das Wort "Eifel". Aber was unterscheidet sie über die räumliche Verortung und den Titel hinaus von anderen Krimis? Für gewöhnlich werden regionale Dialekte in die Dialoge eingearbeitet, real existierende Straßen, Dörfer und Landstriche benannt und detailliert, realistisch beschrieben. Zumeist zeigt sich auch Lokalkolorit bei Getränken oder Essgewohnheiten. So wird der Protagonist eines Köln-Krimis mit ziemlicher Sicherheit Kölsch, ein Düsseldorfer Kommissar immer Altbier trinken. Darüber hinaus werden regelmäßig tatsächlich bestehende kommunalpolitische Verhältnisse skizziert und Probleme der jeweiligen Region thematisiert oder gar in die Handlung integriert und zu einem Hauptthema gemacht. So lässt der Saarländer Martin Conrath seinen Kriminalhauptkommissar Martin Bremer nicht einfach nur im Saarland ermitteln. In seinem zweiten Buch Das schwarze Grab findet man neben saarländischen Orten und saarländischer Mundart in Dialogen auch aktuelle Probleme des Bundeslandes, wie das gespannte Verhältnis von Bergarbeitern und Bergbaugegnern, thematisiert.

 

Insgesamt scheint die Bezeichnung „Regiokrimi“ aber eher ein aktuelles Verkaufsrezept der Verlage zu sein als ein klar abgrenzbares Genre. Es würde ja auch kein Mensch auf die Idee kommen, Erich Kästners <cite>Emil und die Detektive</cite> als Berlin-Krimi zu bezeichnen. Das Gleiche gilt für Klassiker des deutschen Krimis mit starkem regionalen Bezug wie Der Verdacht und Das Versprechen von Friedrich Dürrenmatt oder Friedrich Glausers Wachtmeister Studer. Dass auf der anderen Seite auch die Krimis mit einer Region im Titel mehr als „Heimatkrimis“ sind, ist gleichermaßen eindeutig. So bezeichnet der Deutschlandfunk die Düsseldorf-Krimis von Horst Eckert zum Beispiel als „im besten Sinne komplexe Polizeithriller, die man nicht nur als spannenden Kriminalstoff lesen kann, sondern auch als einen Kommentar zur Zeit“. Dass Eckerts Zwillingsfalle im Jahr 2003 übersetzt worden und in der serie noir bei Gallimard erschienen ist, spricht für sich.

Viele aktuelle deutsche Krimis mit Regionalbezug sind darüber hinaus aber auch historisch interessant. So beschreibt Volker Kutscher in seinem letzten Roman Goldstein das Berlin der 30er Jahre rund um die Ermittlungen des Kommissars Gereon Rath. Kutscher ist eher an einem Sittengemälde als an der optimalen Spannungskurve interessiert. Er nimmt sich Zeit fürs Detail und den Versuch, die Zeit weniger mit Spannung zu überladen, als sie zu verstehen. Die ganze Gesellschaft der Weimarer Republik war durch den verlorenen Krieg, Inflation und Revolution umgekrempelt. Die Zeit war von ungezügelter Vergnügungssucht geprägt, so, als habe man das nahende Ende schon vor Augen. Kutscher selber sagt, er habe diese Welt des oftmals illegalen Vergnügens zeigen wollen. Die vielen modernen Ansätze, die weite Verbreitung von Drogen, ja die Dynamik der Zeit, die dann in die Katastrophe des Nationalsozialismus mündete. Das kriminelle Geschehen wird dabei zweitrangig.

 

Die Skizzierung und Problematisierung deutscher Realität, ob aktuell oder historisch, spannend verpackt: Das ist es wohl, was Krimis in Deutschland so beliebt macht. Eine gewisse Vertrautheit des Lesers zu Schauplätzen und Lokalkolorit kann der Lektüre zusätzlichen Reiz verleihen, ist aber in der Regel alles andere als eine Voraussetzung für den Lesegenuss. Und auch wer sich ein Bild von wenig bekannten Landstrichen, Orten oder Zeiten in Deutschland und ihren Besonderheiten machen will, ohne gleich Geschichtsbücher und Reiseführer zu wälzen, macht keinen Fehler, wenn er zu einem passenden Krimi greift.

Et qui a suivi les aventures d'un meurtrier dans la Frise orientale, la Forêt Noire ou dans la région montagneuse de l'Eifel? Beaucoup l'ont déjà fait en Allemagne. Les polars sont, après la Littérature classique, le genre littéraire préféré des Allemands. Toutefois le roman policier dit régional domine.

Mais au fond, qu'est ce qu'un roman policier régional? Un exemple: Siggi Baumeister est reporter et héros des romans policiers de Jacques Berndorf qui se déroulent dans la région de l'Eifel. Siggi résout des crimes dans l'Eifel, chaque roman de la série comporte dans le titre le mot „Eifel“. Mais en quoi se différencie ce genre avec une localisation spatiale, elle-même mentionnée dans le titre, des autres romans policiers? Des dialectes régionaux sont communément incorporés dans le dialogue, des noms de rues, villages ou contrées existants sont mentionnés et dépeints de façon détaillée et réaliste. La couleur locale est également affichée avec des spécialités culinaires ou des boissons typiques de la région. Le protagoniste de romans policiers se déroulant à Cologne, boira vraisemblablement une Kölsch (bière de Cologne), tandis qu'un commissaire de Düsseldorf optera pour une bière brune. En outre, des rapports de politique communale réels sont régulièrement esquissés, les problèmes de la région thématisés et même parfois intégrés dans l'intrigue devenant ainsi un thème principal. Martin Conrath, originaire de la région de la Sarre ne se contente pas de laisser son commissaire divisionnaire de police Martin Bremer simplement enquêter dans la région. On trouve dans son deuxième livre, Das schwarze Grab (la tombe noire) au-delà de lieux et dialectes sarrois, des problèmes actuels du Land, comme le rapport tendu entre les mineurs et ceux qui s'opposent à l'exploitation des mines.

Somme toute, l'appellation „romans policiers régionaux“ semble être davantage un argument de vente des maisons d’édition plutôt qu'un genre à part entière. Il ne viendrait à l'idée de personne de qualifier les romans d’ Erich Kästner, Emile et les détectives de romans policiers berlinois. Il en va de même pour des classiques du roman policier avec une forte référence régionale comme Le soupçon ou La Promesse de Friedrich Dürrenmatt ou encore L'inspecteur Studer de Friedrich Glauser. Toutefois nul ne peut nier que les polars avec la mention d'une région dans leur titre sont bien plus que de simples  « polars régionaux. » La radio allemande, Deutschlandfunk décrit le roman policier de Düsseldorf d’Eckert comme étant  « un thriller policier complexe dans le meilleur sens du terme qui ne se lit pas seulement comme un bon roman policier captivant, mais aussi comme un commentaire sur notre société ». Le fait que le roman policier d'Eckert, Coups doubles ait été traduit en français en 2003 et publié chez Gallimard dans la Série noire en dit long.

Beaucoup de polars régionaux allemands actuels sont aussi intéressants d'un point de vue historique. Ainsi, Volker Kutscher décrit dans son dernier roman Goldstein le Berlin des années 1930 autour des enquêtes du commissaire Gereon Rath. Kutscher est bien plus captivé par un portrait des mœurs que par une intrigue optimale. Il prend le temps de détailler et essaye moins de meubler cette époque avec du suspense, que de la comprendre. Toute la société de la République de Weimar était chamboulée par la guerre perdue, l'inflation, la révolution. L’époque était imprégnée d'un goût effréné pour le plaisir, comme si la fin était proche. Kutscher lui-même affirme qu'il a voulu montrer ce monde de plaisir souvent interdit. Les nombreuses approches modernes, la propagation des drogues, bref la dynamique d'une époque qui a conduit à la catastrophe du national-socialisme. L'intrigue criminelle y est reléguée au second plan.

L'esquisse et la problématisation de la réalité allemande, actuelle ou historique, le tout empreint de suspense: voilà pourquoi les romans policiers sont autant appréciés en Allemagne. Une certaine familiarité du lecteur avec les lieux d'action et des coloris locaux peuvent contribuer à donner plus d'attrait à la lecture, mais ne constituent pas en soi une condition préalable. Quant à ceux qui souhaiteraient se faire une image de paysages, lieux ou époques allemandes moins connus et de leur singularité, sans se plonger dans des livres d'histoire ou des guides touristiques, ils ne peuvent guère se tromper en choisissant un roman policier approprié.