„Die Sprachenvielfalt ist das Reichtum Europas“

« La diversité linguistique, richesse de l'Europe »


Von: Donatien Huet

De: Donatien Huet

Hat die Sprachenvielfalt eine Zukunft im vereinigten Europa? „Ja“, beteuert Leonard Orban. Der EU-Kommissar für Mehrsprachigkeit war Anfang Dezember zu Besuch in der Bretagne.

La diversité linguistique a-t-elle un avenir dans une Europe unie ? « Oui », clame Leonard Orban, commissaire européen chargé du multilinguisme, en visite en Bretagne début décembre.

Der rumänische Wirtschaftsexperte Leonard Orban, 48, ist seit dem 1. Januar 2007 der EU-Kommissar für Mehrsprachigkeit. Am selben Tag trat sein Land der Europäischen Union bei.

FplusD. Gibt es zu viele Sprachen in der europäischen Union?

Leonard Orban. Das sind die Kosten der Demokratie. In ihren 27 Ländern zählt die EU heute über 23 offizielle Sprachen, zu denen weitere sechzig Regional- und Minderheitensprachen hinzukommen. Das heiβt etwa hundert Sprachen insgesamt, sowie die, die von den Migranten gesprochen werden. Damit findet sich in der Union die weitgreifendste Sprachordnung der Welt. Diese Vielfalt ist in keinem Fall ein Hindernis, sondern ein Reichtum, ein lebendiges Erbe. Wir erlassen Gesetze bei denen jeder Akt in alle Sprachen übersetzt muss.

Welche Policies sind implementiert worden?

Zwei gemeinschaftliche Programme für die Verteidigung der Sprachen sind vom Europäischen Parlament verabschiedet worden: Das lebenslange Lernen (120 Millionen Euro) und die Kultur. Es ist ein Irrglaube, dass Englisch die einzige Sprache des Geschäftswesens ist. Um zu verkaufen, muss man auch die Sprache des Zielmarkts beherrschen. Außerdem identifizieren wir die besten linguistischen Praktiken, um sie zu fördern. Wie die Praktiken der Schule Diwan, die ich während meines Aufenthalts in der Bretagne besucht habe (1).

Am 26. Januar wird Ihr Posten verschwinden. Ihre Aufgaben werden der Zyprerin Andrula Vassiliu, neuer Kommissarin für Kultur, Erziehung und Mehrsprachigkeit, anvertraut werden. Fürchten Sie nicht, dass Ihre Politik sich auflöst?

Nein, denn der Haushalt für die Mehrsprachigkeit wird schon bis 2013 verabschiedet. Dann werden die Leute überall in der Union an einer solchen Politik stark interessiert sein. Vor allem um die Integration von Migranten zu sichern.

Inwiefern?

Indem man den Migranten zum einen hilft, die Sprache ihres Aufnahmelandes anzunehmen, denn ohne diese ist Integration kaum möglich, aber andererseits auch ihre Muttersprache respektiert. Ein Beispiel sind die Schulen Großbritanniens, an denen die Kinder regelmäßig in ihrer Muttersprache sprechen, singen oder ein Gedicht rezitieren dürfen. Das ist sehr wichtig, weil es ihnen das Gefühl gibt, dass ihre Sprache nichts Fremdes ist. Das ist auch der Sinn des sehr schönen Textes zur Verteidigung die Mehrsprachigkeit, den der französische Schriftsteller Amin Maalouf für uns verfasst hat. Ein Text über die „persönliche Adoptivsprache“, besser gesagt die gewählte Sprache (2). Die Herzsprache: das ist eine schöne Vorstellung für die Zukunft Europas!

(1) Der bretonische Schulverein Diwan wurde 1977 gegründet, um abseits des zentralisierten französischen Schulsystems Möglichkeiten für die Einrichtung bretonischsprachiger Schulen zu schaffen. Heute besuchen 3.167 Schüler von Diwan geführte Klassen, vom Kindergarten bis zum Abitur.

(2) „Eine lohnende Herausforderung. Wie die Mehrsprachigkeit zur Konsolidierung Europas beitragen kann.“ Unten der Link von den Vorschlägen der von der Europäischen Kommission eingesetzten Intellektuellengruppe für den interkulturellen Dialog.

Économiste de formation, le Roumain Leonard Orban, 48 ans, est commissaire européen chargé du multilinguisme depuis le 1er janvier 2007... date d'entrée de son pays dans l'Union européenne.

FplusD. Trop de langues dans l'Union européenne ?

Leonard Orban. C'est le coût de la démocratie... Dans ses vingt-sept pays, l'UE dispose aujourd'hui de vingt-trois langues officielles, auxquelles s'ajoutent soixante langues régionales et minoritaires. Soit une centaine de langues, au total, sans oublier celles parlées par les migrants. Cela fait de l'Union le régime linguistique le plus vaste au monde. Cette diversité n'est en aucun cas un obstacle, mais une richesse, un patrimoine vivant. Nous légiférons, chaque acte doit être traduit dans toutes les langues.

Quelles politiques avez-vous initié ?

Deux programmes communautaires relatifs à la défense des langues ont été votés par le Parlement européen : l'apprentissage tout au long de la vie (120 millions d'euros) et la culture. On croit que la langue unique du business, c'est l'anglais. Erreur : pour vendre, il faut aussi maîtriser la langue du marché visé... Du reste, nous identifions les meilleures pratiques linguistiques, afin de les promouvoir. Comme celle de l'école Diwan, que j'ai visitée au cours de mon escapade en Bretagne (1).

Le 26 janvier, votre poste disparaîtra. Et vos attributions seront confiées à la Chypriote Andrula Vassiliu, nouvelle commissaire à la culture, à l'éducation et au multilinguisme. Ne craignez-vous pas que votre politique se dilue ?

Non, car le budget affecté au multilinguisme est déjà voté jusqu'en 2013. Ensuite, partout dans l'Union, une telle politique en faveur des citoyens intéresse fortement les gens. Notamment pour assurer l'intégration des migrants.

Comment ?

En aidant les migrants à adopter la langue de leur pays d'accueil : sans cette maîtrise, pas d'intégration possible. Mais aussi en respectant leur langue maternelle. Je vais citer l'exemple des écoles de Grande-Bretagne, où les enfants peuvent régulièrement parler, chanter, réciter une poésie dans leur langue maternelle. C'est très valorisant, car cela leur donne le sentiment que leur langue n'est pas quelque chose d'étranger. C'est aussi le sens du très beau texte défendant le multilinguisme que nous a rédigé l'écrivain français Amin Maalouf, sur la « langue personnelle adoptive », c'est-à-dire la langue choisie (2). La langue de cœur, voilà une belle vision d'avenir pour l'Europe !

(1) Diwan est un réseau d'écoles associatives, gratuites et laïques, où l'enseignement est dispensé en langue bretonne. La première a été créée en 1977 en Bretagne. De nos jours, elles scolarisent 3167 élèves, de la maternelle jusqu'au baccalauréat.

(2) « Un défi salutaire. Comment la multiplicité des langues pourrait consolider l'Europe. » Ci-dessous, le lien vers les propositions du groupe des intellectuels pour le dialogue interculturel, constitué à l’initiative de la Commission européenne.

 

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