


ISLAM UND INTEGRATION
ISLAM ET INTÉGRATION
Mit den gegenwärtigen, in Tunesien und Ägypten angestoßenen, politischen Veränderungen im nahen Osten und in Nordafrika könnte möglicherweise ein dauerhafter Wandel der europäischen Haltung gegenüber der arabischen Welt einhergehen.
Au regard des changements politiques actuels amorcés par la Tunisie et l’Egypte en Afrique du Nord et au Proche-Orient, il est très possible que le comportement européen vis-à-vis du monde arabe change durablement.
Anzeichen davon spürt man in den Straßen von Berlin und Paris: Plötzlich ist der Gemüsehändler an der Ecke kein potentieller Fundamendalist mehr, sondern Informant über aktuelles politisches Geschehen. Menschen die bis dahin kaum mehr als zwei Sätze miteinander wechselten diskutieren plötzlich und ausgiebige Interviews mit arabischen Intellektuellen jenseits von Islamkritik sind derzeit Standard in den Printmedien. Ob diese Veränderungen sich aber auch auf die Integration muslimischer Minderheiten in Deutschland und Frankreich auswirken, bleibt abzuwarten.
Des signes précurseurs se font déjà sentir dans les rues de Paris et Berlin: le marchand de légumes du coin n’est plus un fondamentaliste potentiel, mais plutôt une personne susceptible de donner des informations sur la situation actuelle. Des gens qui, jusqu’ici n’échangeaient pas plus de deux phrases, ont désormais de véritables conversations. Et les interviews dans les journaux et magazines avec des intellectuels arabes n’ont plus comme mono-thème la critique de l’Islam. Cependant, il reste à voir si ces changements tangibles auront des effets sur l’intégration des minorités musulmanes en France et en Allemagne.
Laut einer, im Auftrag von Le Monde Ende 2010 durchgeführten, Umfrage des IFOP (Institut français d'opinion publique) empfinden ca. 40 % der Deutschen und Franzosen den Islam als Bedrohung. Das ist nicht weiter überraschend, wenn man bedenkt, dass der Fokus der Berichterstattung über den arabischen Kulturkreis in der Regel auf Terrorismus und Fundamentalismus liegt. Spätestens seit den Anschlägen im September 2001 haben große Teile der europäischen Bevölkerung Angst vor Migranten mit muslimischem Hintergrund oder halten sogar den ganzen Islam für eine brutale Religion. Aber was weiß man denn tatsächlich über die arabische Welt, Kultur und den Islam? Wenn man ehrlich mit sich ist, lautet die Antwort wahrscheinlich: „Wenig“. Dass die arabische Welt nicht gleich Islam und Islam nicht gleich Islamismus ist, verstehen die wenigsten.
D’après un sondage IFOP pour Le Monde fin 2010, 40% des Français et des Allemands considèrent l’Islam comme une menace. Ce résultat n’est au final pas si étonnant: quand l’actualité du cercle culturel arabe est mentioné dans la presse, il est question, la plupart du temps, de terrorisme et de fondamentalisme. Depuis les attentats du 11 septembre 2001, beaucoup de citoyens européens ont commencé à avoir peur des immigrés musulmans ou encore à considérer l’Islam comme une religion brutale. Mais que sait-on véritablement à propos du monde arabe, sa culture et l’Islam? En toute honnêteté, la réponse serait: „peu de choses“. Que le monde arabe ne se réduit pas à l’Islam et que l’Islam n’est aucunement la même chose que l’islamisme n’est compris que par une minorité.
Seit 1999 vergibt der Ibn-Ruschd-Verein daher den Ibn-Ruschd-Preis für freies Denken. Der von vornehmlich in Deutschland lebenden arabischen Bürgern zum 800. Todestag des Philosophen und Arztes Ibn Ruschd (in Europa eher bekannt unter dem Namen Averroës) gegründete Verein würdigt damit Verdienste um Demokratie und Meinungsfreiheit in der islamischen Welt. Die bis jetzt bekanntesten Preisträger sind der Fernsehsender Al-Dschasira (1999) und der Ägypter Nasr Hamid Abu Zaid (2005). Letzterer, einer der führenden liberalen Denker des Islam, wurde als Literaturwissenschaftler nicht nur in Akademikerkreisen durch seine kontrovers diskutierte Auslegung des Korans bekannt.
C’est pourquoi, depuis 1999, l’association Ibn-Ruschd remet le prix Ibn Ruschd pour la pensée libre. L’association a été fondée l’année du 800ème anniversaire du philosophe et médecin Ibn Ruschd (plus connu en Europe sous le nom d’Averroës) en grande partie par des citoyens arabes vivant en Allemagne. Le Prix rend hommage aux efforts de démocratie et liberté de pensée dans le monde islamique. Les lauréats les plus connus sont la chaîne de télévision Al Jazeera (1999) et l’Egyptien Nasr Hamid Abu Zaid (2005). Ce dernier, l’un des plus importants penseurs libéraux de l’Islam, était un homme de lettres connu au-delà des cercles académiques pour ses réflexions controversées sur l’Islam.
Ein vergleichbarer, auch ohne Vorwissen zugänglicher Ansatz, findet sich in Deutschland bei Lamya Kaddor. Sie ist Religionspädagogin und unterrichtet an einer Hauptschule im Ruhrgebiet, wo sie schnell als Expertin für Fragen in Zusammenhang mit dem Islam anerkannt wurde, auch weil sie praktizierende Muslimin ist. In ihrem Buch Der Islam für Kinder und Erwachsene präsentiert sie Auszüge aus dem Koran, in denen Ehrfurcht vor allem Leben, kritischer Forschergeist, umfangreicher Minderheitenschutz und ein interreligiöser Dialog vertreten werden - eindeutig Werte, die man als „westlich“ bezeichnen würde. Für viele mag das eine Überraschung sein. Das liegt wohl nicht zuletzt daran, dass islamistische Standpunkte oft lauter vertreten werden und gemäßigte versöhnlich stimmende Aussagen in der Regel nicht schlagzeilentauglich sind. So ist das öffentliche Bild von Muslimen in Deutschland auf der einen Seite von religiösen Hardlinern und Traditionalisten wie der Islamischen Gemeinschaft Milli Görüs geprägt. Auf der anderen Seite trifft radikale Islamkritik dann auf ein entsprechend offenes Ohr. So genießt die Niederländerin Ayaan Hirsi Ali mit ihrer Position, dass ein liberaler und aufgeklärter Islam unmöglich sei, wesentlich grössere Medienpräsenz, als beispielsweise der Vater des Euro-Islam und Mitbegründer der Arabischen Organisation für Menschenrechte, Bassam Tibi. Erst seit kurzer Zeit macht sich die gemäßigte islamische Mitte erfolgreicher bemerkbar. Zentrale Gestalt ist hier die bereits erwähnte Lamya Kaddor. Mit ihrem Buch Muslimisch, weiblich, deutsch. Mein Weg zu einem zeitgemäßen Islam. will sie der "schweigenden Mehrheit" der Muslime in Deutschland auf publikatorischem Wege ein Gesicht geben. Sie selber ernährt sich halal und verzichtet auf Alkohol, wer aber gerne mal einen Schweinebraten isst und ein Bier dazu trinkt wird schon wissen warum. Sie trägt kein Kopftuch, wer gerne eines tragen möchte, soll dies tun. Lamya Kaddor ist auch Vorsitzende des Liberal-Islamischen Bundes, den sie im Jahr 2010 gemeinsam mit anderen in Deutschland aufgewachsenen Muslimen als Alternative zu den bestehenden Islamverbänden gegründet hat. Der Verein vertritt einen innerislamischen Pluralismus und setzt sich für die Synthese eines muslimischen Weltbildes mit der freiheitlich-demokratischen Grundordnung ein. In die Schlagzeilen wird er es damit wohl nicht schaffen, aber für Medienpräsenz freiheitlich-demokratischer Bewegungen in der islamischen Welt sorgt ja bereits die arabische Revolte. Ob die Positionen dieses, oder auch des Ibn-Ruschd-Vereins, tatsächlich, mit den Worten Kaddors, die Haltung der „schweigenden Mehrheit“ widerspiegeln, ist eine für die Integration zentrale, aber schwer zu beantwortende Frage. Angst braucht man vor dieser Mehrheit jedenfalls nicht zu haben.
Lamya Kaddor, cette fois-ci en Allemagne, est un autre exemple – cependant sans les mêmes « pré-connaissances ». Elle est éducatrice spécialisée dans les religions et donne des cours dans une Hauptschule de la région de la Ruhr, dans le centre-Ouest de l’Allemagne. Elle est rapidement devenue une experte des questions en relation avec l’Islam, aussi parce qu’elle est musulmane pratiquante. Elle présente dans son livre, l’Islam pour les enfants et les adultes, des extraits du Coran qui traitent du respect à la vie, de l’esprit scientifique critique, de la protection des minorités et du dialogue interreligieux, en d’autres termes des valeurs que l’on pourrait qualifier “d’occidentales“. Il s’agit pour beaucoup d’une surprise. Ceci peut être expliqué par le fait que les approches islamistes sont d’avantage mises en avant dans les médias que les approches plus pacifiques et ouvertes. L’image des musulmans en Allemagne est à la fois construite par des traditionalistes religieux comme la communauté islamique Milli Görüs et des critiques radicaux de l’Islam, plus libéraux. La Hollandaise Ayaan Hirsi Ali qui défend l’idée qu’un Islam éclairé et tolérant soit tout simplement impossible, a, de fait, beaucoup plus de présence médiatique que par exemple le père de l’Euro-Islam et cofondateur de l’organisation arabe pour les Droits de l’Homme, Bassam Tibi. L’attention portée à cet Islam „entre deux“ est toute récente. Figure centrale de ce courant est Lamya Kaddor, évoquée ci-dessus. Avec son livre musulmane, femme, allemande. Mon chemin vers un Islam moderne, elle souhaite donner un visage à „la majorité silencieuse“ des musulmans en Allemagne. Elle mange halal, ne boit pas d’alcool, mais elle n’a rien contre celui qui apprécie le rôti de porc et la bière qui l’accompagne. Elle ne porte pas le voile, mais celles qui le veulent, devraient se sentir libres de le faire. Lamya Kaddor est aussi présidente de l’organisation islamo-libérale, qu’elle a fondée en 2010 avec d’autres musulmans ayant grandi en Allemagne, alternative aux organisations islamiques déjà existantes. L’organisation représente un pluralisme inhérent à l’Islam et défend l’idée d’une synthèse entre des valeurs proprement musulmanes et celles d’un ordre de base libéral et démocratique. Il est certain que ceci ne fera pas les gros titres. Mais en ce qui concerne la présence médiatique des mouvements aspirant à plus de liberté et de démocratie, la révolte arabe est déjà un bon début. Que cette position, ou encore celle de l’association Ibn-Ruschd reflètent le comportement de ce que Kaddor appelle cette „majorité silencieuse“ est une question importante pour l’intégration, toutefois à laquelle il est difficile de répondre. Dans tous les cas, il ne faut pas avoir peur de cette majorité.
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Artikel in La Croix
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