In den vergangenen Jahren wurden insbesondere in Deutschland und in Frankreich zahlreiche sogenannte Komplementärwährungen eingeführt. Diese Parallelwährungen, die nur in einer bestimmten Region gültig sind, zielen darauf ab, einen Beitrag zu alternativen Lösungsvorschlägen der Wirtschaftskrise zu leisten.

Ces dernières années, de nombreuses monnaies dites « complémentaires » ont vu le jour, en Allemagne et en France notamment. Ces monnaies parallèles, circulant sur un territoire restreint, visent à apporter des solutions alternatives à la crise économique.

Von Pia Hölz, 13.09.2013

Par Pia Hölz, 13.09.2013

Der Wirtschaftsprofessor Jérôme Blanc definiert die Komplementärwährungen so: „Es handelt sich um zusätzliche Währungen, die neben dem Geldumlauf von Euro und Landeswährungen zirkulieren. Sie werden im Allgemeinen als „komplementär“ bezeichnet, um zu verdeutlichen, dass sie nicht dazu konzipiert wurden, den Euro zu verdrängen, sondern um an seiner Seiten zu kursieren." Auch bezeichnet als „Parallelwährungen“, „Lokalwährungen“, „soziale Währungen“ oder „Bürgergeld“, sollen die Zweitwährungen die Bürger dazu motivieren, ihr Verhältnis zum Geld neu zu überdenken. Darüber hinaus sollen sie die Entwicklung der regionalen Wirtschaft stärken.

Auteur de Les monnaies parallèles : unité et diversités du fait monétaire, l’économiste Jérôme Blanc définit ainsi les monnaies complémentaires : « ce sont des monnaies qui se surajoutent à la circulation monétaire en monnaie nationale ou européenne. Elles sont généralement dites « complémentaires » pour signifier qu’elles ne sont pas créées pour supplanter l’euro, mais pour circuler à ses côtés ». Dénommées également « monnaies parallèles », « monnaies locales », « monnaies sociales » ou encore « monnaies citoyennes », elles sont censées permettre la réappropriation de la monnaie par les citoyens. Elles entendent également favoriser le développement de l’économie locale.

 10-Sols-Scheine

Des billets de 10 sols

Für den Finanzwissenschaftler Philippe Herlin besteht eine enge Verbindung zwischen Finanzkrisen und der Entwicklung des Komplementärgeldes. So wurden nach der Krise von 1929 die ersten Parallelwährungen, wie die Wära in Bayern oder die WIR in der Schweiz, die immer noch existiert, in Umlauf gebracht. Das Phänomen hat sich nach der Krise in Japan 1990 und vor allem nach derjenigen von 2001 in Argentinien wiederholt. Die Krise von 2008 hat den Boom um das Parallelgeld, besonders mit dem im Januar 2009 erschaffenen virtuellen Geld „bitcoin“, verstärkt. In diesen finanziell unbeständigen Zeiten „nimmt das Misstrauen in die führenden Währungen zu und immer mehr Menschen interessieren sich für das Komplementärgeld“, bemerkt Philippe Herlin.

Pour Philippe Herlin, chercheur en finance et auteur de La révolution du bitcoin et des monnaies complémentaires, il existe une étroite corrélation entre la survenue des crises financières et le développement des monnaies complémentaires. Ainsi, c’est après la crise de 1929, que sont mises en circulation les premières monnaies parallèles, comme la Wära en Bavière ou le WIR en Suisse, qui existe toujours. Le phénomène s’est reproduit après la crise au Japon en 1990, et plus encore après celle de 2001 en Argentine. La crise de 2008 a également suscité l’engouement pour les monnaies parallèles avec, notamment, la création de la monnaie virtuelle bitcoin, qui naît en janvier 2009 sur le web. Dans ces périodes d’instabilité financière, « la défiance envers les grandes monnaies augmente et de plus en plus de gens se tournent vers les monnaies complémentaires », note Philippe Herlin.

Derzeit existieren laut Jérôme Blanc weltweit um die 5000 Systeme dieses Währungstyps, darunter rund 60 in Deutschland, wie der Chiemgauer oder der Regio in Bayern. In Frankreich zirkulieren etwa 20 dieser alternativen Zahlungsmittel, zum Beispiel die Abeille in Villeneuve-Sur-Lot, der Heol in Brest, der Eusko im Baskenland oder der Sol Violette in Toulouse.

Actuellement, il existerait autour de 5000 systèmes de ce type dans le monde, selon Jérôme Blanc, dont une soixante en Allemagne comme le Chiemgauer ou le Regio en Bavière. En France une vingtaine de ces monnaies circulent, à l’instar de l’Abeille à Villeneuve-sur-Lot, de l’Heol à Brest, de l’Eusko au pays basque, ou du Sol-Violette à Toulouse.

Letzterer wurde 2011 vom Bürgermeister von Toulouse eingeführt. Der Sol Violette, der vom Philosophen Patrick Viveret inspiriert wurde, soll den örtlichen Toulouser Handel fördern. „Man muss die zentrale Funktion des Geldes wiederfinden, die darin besteht, die Realwirtschaft zu begünstigen und nicht die spekulative Wirtschaft“ betont Patrick Viveret, bevor er ergänzt: „Eine Realwirtschaft, die im Dienst einer nachhaltigen Entwicklung steht“.

Ce dernier a été lancé en 2011 par la mairie de Toulouse. A travers la création du Sol, le philosophe Patrick Viveret, qui l’a inspiré, souhaite encourager le commerce local toulousain. « Il faut retrouver la fonction centrale de la monnaie qui est de favoriser l’économie réelle et non pas l’économie spéculative » note l’intéressé, avant de préciser : « une économie réelle qui soit au service d’un développement humain soutenable ».

Das Parallel-Geld funktioniert meist nach demselben Prinzip: Die Benutzer tauschen offizielle Währungen gegen Komplementärgeld in Ausgabestellen oder bestimmten Banken ein, womit man Güter und Dienstleistungen bei Händlern bezahlen kann, die das alternative Geld akzeptieren. Und es scheint zu funktionieren: 60000 Sols-Violettes sind derzeit im Umlauf und der Verein zählt gegenwärtig 1330 Mitglieder und 130 Handelspartner. Zum Vergleich: Der 2003 gestartete Chiemgauer zählt 657 Handelspartner und 658 750 Währungseinheiten, die im Umlauf sind.

Le fonctionnement des monnaies parallèles suit souvent le même principe : les utilisateurs échangent des devises officielles contre la monnaie complémentaire dans des comptoirs d’échange ou dans certaines banques. Sous forme de billets, cette monnaie permet d’acheter des biens et des services auprès de commerçants qui acceptent la monnaie alternative. Et cela a l’air de marcher : 60000 Sols-Violette sont en circulation à ce jour et l’association compte actuellement 1330 adhérents et 130 partenaires commerciaux. A titre comparatif, le Chimgauer, lancé en 2003, compte 657 partenaires, pour 658 750 unités monétaires en circulation.

Für Jérôme Blanc hat das Zweitgeld dank seines dynamischen und innovativen Charakters Vorteile. „Es zeigt, dass andere Wege existieren und ermöglicht, neue Dinge zu erproben, die vielleicht schon morgen unumgänglich sind“. Der Wirtschaftswissenschaftler warnt jedoch vor der Instabilität der Initiativen, die vom Einsatz und dem guten Willen der Benutzer und der Gründer abhängig sind. „Wenn diese Währungen nur von freiwilligen Helfern und Aktivisten getragen werden, versiegt die Energie schnell. Sie brauchen lokale politische Unterstützung, um eine Chance zu haben, sich auszubreiten und sich zu verankern“, bemerkt er.

Pour Jérôme Blanc les monnaies parallèles ne sont pas sans vertu, en raison de leur caractère dynamique et innovant. « Elles montrent que d’autres voies existent et permettent d’expérimenter des choses nouvelles qui, peut-être, apparaîtront incontournables demain ». L’économiste met cependant en garde contre la fragilité des initiatives, tributaires de l’implication des utilisateurs et des créateurs. « Si ces monnaies ne sont portées que par des bénévoles et des militants, l’énergie s’épuise rapidement. Il leur faut des soutiens politiques locaux pour connaître une chance de s’étendre et de se pérenniser », relève-t-il.

Philippe Herlin weist auf einen anderen Nachteil der Komplementärwährungen hin: ihre Anlehnung an die Landeswährungen. „Die Mehrheit der Regionalwährungen wird an das offizielle Geld angebunden (ein Chiemgauer entspricht einem Euro). Das heißt, wenn der Euro einstürzt oder eine starke Inflation erleidet, wird dieses Geld im Sturm mitgerissen“, stellt der Finanzwissenschaftler fest.

Philippe Herlin pointe une autre limite des monnaies complémentaires : leur adossement aux monnaies nationales. « La plupart des monnaies complémentaires locales sont rattachées à la monnaie officielle (1 Chiemgauer est égale 1 euro), donc si l’euro s’écroule ou subit une forte inflation, ces monnaies seront emportées dans la tourmente », diagnostique l’auteur de La révolution du bitcoin et des monnaies complémentaires.

Was die Zukunft der Komplementärwährungen betrifft, hängt diese laut Jérôme Blanc von der Entwicklung ihres Regelungsumfeldes ab: „Man muss ihnen einen Rechtsrahmen geben, der es ihnen ermöglicht, zu bestehen und sich zu entwickeln. Dies würde auch ein für alle Mal den in der Regel unberechtigten Verdacht auf Flucht vor dem Fiskus beseitigen.

Quant à l’avenir des monnaies complémentaires, il dépend selon Jérôme Blanc de l’évolution de leur environnement réglementaire : « Il faut leur fournir un cadre juridique leur permettant d’exister et de se développer, ce qui permettrait notamment d’éliminer une fois pour toutes les soupçons généralement infondés de fuite à l’égard du fisc ».