Myriam Hugueny über Studium und Leben in Deutschland.

Myriam Hugueny nous parle des études et de la vie en Allemagne

Mein erster Kontakt mit Deutschland fand während eines Klassenaustauschs in meiner 4. Gymnasialklasse statt. Unsere Austauschschule war das Gymnasium von Attendorn im Sauerland. Ein wenig später verbrachte ich zwei Wochen bei einer deutschen Familie. Diese beiden Reisen haben mir klar gemacht, dass man in zwei Wochen bei einer deutschen Familie mehr lernt als in 6 Monaten in der Schule, vor allem aber dass Deutsch eine wunderbar klingende Sprache ist - noch dazu ist sie viel logischer als Englisch!

Ich hatte im Abitur Deutsch als erste Fremdsprache. nach dem Abitur studierte ich Chemie an der technischen Hochschule Grenoble, wo Englisch die einzige Sprache war. Mein Diplompraktikum machte ich aber dennoch in Deutschland, in einem Labor der Fachhochschule Münster und konnte dort auch dank eines Stipendiums meiner Region Rhône-Alpes weiterstudieren. Ich bekam die zwei Jahre, die ich in Grenoble am IUT studiert hatte, angerechnet und studierte zwei weitere Jahre an der Fachhochschule in Münster. Ich konnte mich ins 6. Semester einschreiben.


Nach zwei Jahren nur mit Englisch als Fremdsprache in Grenoble und nach fünf Deutsch in der Schule fällt mir der Anfang in Münster doch recht schwer. Wie schafft man es, einer Vorlesung auf Deutsch zu folgen, wie schreibt man mit? Allmählich verbesserte sich das Verständnis und ich stellte fest, dass in in der 4. und 5. Gymnasialklasse doch wichtige Grundlagen gelernt hatte. Das 6. Semester in Münster bestand aus einem Betriebspraktikum, das 7. war wieder ein Studiensemester und das 8. ein weiteres Betriebspraktikum. Danach kamen die Diplomprüfungen.


Nach Arbeitslosigkeit und allen möglichen Jobs wendete ich mich wieder meiner ersten Leidenschaft, den Sprachen, zu. Zwei Jahre lang ließ ich mich zur Fremdsprachenkorrespondentin ausbilden, und kümmerte mich vor allem darum, mein Deutsch zu verbessern. Die Kurse fanden auf Deutsch statt und wir übersetzten zahlreiche Texte. Diese Zusatzausbildung verhalf mir zu einer Arbeitsstelle in der Nähe von Frankfurt am Main, obwohl die Arbeitsmarktlage alles andere als günstig war. Deutsch war für mich wirklich die Trumpfkarte!

Heute arbeite ich im Bereich der technischen Dokumentation, wo neben der Fachkompetenz die Beherrschung einer anderen fremdsprache als des Englischen unerläßlich ist.

Zwölf Jahre habe ich inzwischen in Deutschland verbracht, mich aber nie als Fremde gefühlt. Ich bin einfach eine Französin in Deutschland. Wenn die Leute bemerken, dass ich Französin bin, intressiert sie das meistens; viele sind richtig neugierig. Die meistgestellte Frage dürfte sein: „Was tut bloß eine Französin in Deutschland? Frankreich ist doch viel attraktiver!" Klar verbringen viele Deutsche ihre Ferien in Frankreich und schätzen das Essen, die Landschaften und die Küsten. Meine Antwort darauf ist immer dieselbe: Deutsch und Deutschland haben mich immer angezogen.

Mon premier contact avec l’Allemagne a lieu lors d’un voyage scolaire en 3e. L’échange se fait avec l’école d’Attendorn dans le Sauerland. Un an plus tard, je séjourne deux semaines en été dans une famille allemande. Ces deux voyages m’apportent la certitude que l’on en apprend bien plus en deux semaines dans une famille allemande qu’en 6 mois à l’école, mais surtout, que l’allemand est une langue formidable, chantante et bien plus logique que l’anglais !

A l’examen du bac, je choisis l’allemand en première langue. Après le bac, je poursuis des études de chimie à l’IUT de Grenoble. La seule langue possible est l’anglais. Je fais un stage de fin d’études de deux mois dans un laboratoire de la Fachhochschule de Münster (Rhénanie du Nord Westphalie). Grâce à une bourse de la région Rhône-Alpes, il m’est possible de continuer les études de chimie à la Fachhochschule. Ce cycle dure en tout 4 ans. Grâce à l’accord avec l’université de Grenoble, les deux années d’IUT sont reconnues. Je commence donc en 5e semestre. Après 5 ans d’allemand scolaire suivis de deux ans d’anglais à l’IUT, les débuts sont difficiles. Comment comprendre un cours et prendre des notes ? Petit à petit, la compréhension devient meilleure et puis les bases apprises en 4e et 3e m’aident énormément. Le 6e semestre est un stage en entreprise. Le 7e est à nouveau à l’université et le dernier semestre en entreprise avant l’examen de fin d’études.


Après 10 mois de chômage et de petits boulots, je retourne à ma première passion : les langues. Je suis une formation de secrétaire bilingue (anglais/français) pendant 2 ans. C’est pendant cette période que je perfectionne le plus mon allemand. Les cours sont naturellement en allemand, et nous devons faire de nombreuses traductions (versions et thèmes). C’est cette formation supplémentaire qui me permet de trouver du travail près de Francfort sur le Main, à une période où le marché de l’emploi est très tendu. L’allemand a vraiment été un atout pour moi.

En ce moment, je travaille dans la documentation technique. Dans ce domaine la qualification technique est indispensable. Cependant, parler d’autres langues que l’anglais est un atout décisif.

Lors des douze années passées en Allemagne, je ne me suis jamais sentie comme une étrangère. Je suis tout simplement française, en Allemagne. Lorsque les gens s’aperçoivent de ma nationalité, ils sont souvent intéressés, même curieux. La question qui m’a sans doute le plus souvent été posée est : « Que vient faire une française en Allemagne ? La France a tellement de charme ! » Il est vrai que beaucoup d’allemands passent leurs vacances en France et en apprécient la gastronomie, le paysage et les côtes. Ma réponse est toujours la même. L’allemand et l’Allemagne m’ont toujours attirés. Pourquoi ? Je ne sais pas. Je me sens bien dans ce pays chaleureux. La langue m’a toujours semblé plus simple, plus structurée que le français ou l’anglais, parsemés l’un d’exceptions grammaticales et l’autre de mots à la prononciation difficile. C’est même en Allemagne que j’ai appris un grand nombre de règles grammaticales françaises, lors de cours de français donnés à des élèves de collège en difficulté.


Vivre en Allemagne m’a aussi montré qu’on peut avoir une frontière commune, une histoire commune, des ancêtres communs et pourtant avoir des coutumes bien différentes, dont une bonne partie touche la gastronomie. D’où vient l’institution des tartines au repas du soir en Allemagne, ce qui revient finalement à prendre deux petits déjeuners par jour ? Pourquoi l’Allemagne possède tant de sortes de pains différents, l’une meilleure que l’autre, alors que la France s’accroche à sa baguette ? C’est sans doute pour ne pas avoir à se rabattre sur d’autres aliments bizarres comme les escargots ou les cuisses de grenouille !

Mais, en somme, ce qui m’étonne le plus après ces années passées à l’étranger, c’est le fait de « perdre » ma langue maternelle. Il arrive un moment où on cherche des mots qui viennent à l’esprit automatiquement en allemand et où certaines phrases prennent une tournure très allemande totalement incompatible avec la grammaire française. Le bilinguisme est un atout malicieux !