À Villefranche-sur-Saône, la tension monte. Depuis novembre 2024, une soixantaine de caravanes de la communauté des gens du voyage occupent illégalement le terrain d’entraînement du club de moto-ball. Pour les membres de l’association, la situation devient insupportable. Entre frustration, impuissance et incertitude, ils se battent pour trouver une solution… en vain.
Un club en détresse face à une occupation qui s’éternise
« On est bloqués. » Ces mots de la municipalité résonnent comme une fatalité pour le club de moto-ball de Villefranche. Alors que la nouvelle saison doit démarrer en mars, impossible pour les joueurs de s’entraîner. Le terrain, normalement réservé aux entraînements et compétitions, est occupé depuis plusieurs mois, laissant les sportifs dans l’impasse.
Pascal Dailler, président du club, ne cache pas son exaspération : « Aucun retour, aucune solution, et j’ai appris que les gens du voyage ne partiraient pas avant le printemps. C’est une catastrophe pour le club. Comment allons-nous faire ? »
Cette occupation n’est pas une première, mais cette fois, la situation semble figée. Aucune expulsion n’est possible en raison d’une législation stricte, et la mairie de Villefranche-sur-Saône se retrouve impuissante.
Pourquoi la ville ne peut-elle pas expulser les caravanes ?
La réponse tient en une contrainte légale : la loi oblige les agglomérations à prévoir des aires d’accueil pour les gens du voyage. Or, la Communauté d’agglomération Villefranche Beaujolais Saône ne dispose pas d’une telle aire en conformité avec les exigences légales. Conséquence : aucune expulsion ne peut être ordonnée tant qu’aucune alternative ne leur est proposée.
La mairie confirme son impuissance : « On ne peut pas procéder à un arrêté d’expulsion. Comme on n’a pas de proposition alternative à offrir, la loi nous interdit de les déloger. »
Un projet d’aire d’accueil est bien prévu… mais pas avant 2026. D’ici là, la situation risque de se reproduire encore et encore, au détriment des associations locales.
Un club menacé, une saison compromise
Alors que le championnat doit reprendre le 29 mars avec un premier match à Troyes, le club est dans l’impasse. Les entraînements sont essentiels, notamment pour les nouveaux joueurs qui doivent développer leurs compétences et s’intégrer à l’équipe.
« On met tant d’énergie à faire vivre ce sport, et là, on nous empêche d’avancer, » déplore un membre de l’association. Au-delà du club, ce sont les bénévoles, les jeunes passionnés et toute la dynamique locale qui sont touchés.
Le club tente d’alerter les autorités sportives, notamment la Fédération française de motocyclisme (FFM), qui a déjà envoyé un courrier à la municipalité. Mais pour l’instant, aucune issue ne se dessine.
Quelle solution pour éviter que cela se reproduise ?
Face à ce blocage, le club et la mairie en appellent aux autorités pour accélérer la mise en place de l’aire d’accueil prévue à Arnas. Mais d’ici là, le risque d’une nouvelle occupation sur d’autres terrains municipaux reste élevé.
Un expert en gestion des conflits de voisinage conseille : « Anticiper ces situations est la clé. Il faut travailler en amont avec les communautés concernées et prévoir des solutions temporaires pour éviter les conflits de ce type. »
En attendant, le club de moto-ball de Villefranche-sur-Saône se retrouve dans une impasse. À quelques semaines du début de la saison, l’espoir d’un déblocage rapide s’amenuise, laissant les joueurs et les bénévoles dans l’incertitude la plus totale.
Émile Delahaye est né(e) à Haguenau dans le département de Bas-Rhin. Son travail pendant de nombreuses années a été Oenologue dans la commune de Saint-Chamond avant de travailler pour le site fplusd.org.


